La Fed fait souffler un vent d’optimisme sur les marchés boursiers

 
 
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Le président de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke, le 5 juin 2006 à Washington (Photo : Paul J. Richards)

[30/06/2006 21:49:38] NEW YORK (AFP) Un vent d’optimisme a tiré en fin de semaine les marchés boursiers mondiaux, soulagés par le discours modéré de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur les hausses de taux d’intérêt à venir et portés par des fusions-acquisitions à des niveaux records.

“Les marchés actions ont bénéficié d’un rattrapage car le relèvement des taux de la Fed était conforme aux attentes du consensus mais ses commentaires étaient un peu plus modérés que prévu”, a expliqué Peter Allwright, gérant de fonds au sein de la société britannique Threadneedle Asset Management.

La banque centrale américaine a en effet relevé jeudi d’un quart de point à 5,25% son principal taux directeur, mais a reconnu que la croissance américaine “se modère” après son rythme “plutôt élevé” en début d’année, ce qui devrait aider à calmer les pressions inflationnistes. Et donc éviter un resserrement du crédit trop brutal dans le pays.

Les principales Bourses de la planète, qui avaient déjà progressé fortement jeudi dans l’espoir d’un discours d’apaisement de la Réserve fédérale, ont du coup continué sur leur lancée vendredi.

En Europe, les principales places ont terminé la semaine sur une note euphorique: Francfort a pris 1,82% après 2,29% jeudi, Londres a gagné 0,72% (après 1,99% la veille) et Paris a progressé de 1,75% (après 2,23%).

Les autres places européennes n’ont pas été en reste, notamment Amsterdam (+1,86% vendredi) ou Zurich (+1,47%).

Ce vent d’optimisme a aussi profité aux marchés asiatiques, qui avaient été parmi les plus affectés par les craintes de durcissement de la politique monétaire américaine: Tokyo, Hong Kong et Séoul ont grimpé vendredi en choeur (+2,54% chacune), Bombay a pris 4,40%, Singapour 2,04% et Jakarta 2,79%.

De son côté Wall Street a terminé en baisse, après avoir beaucoup progressé jeudi: le Dow Jones a cédé 0,36% (après une hausse de 1,98% la veille) et le Nasdaq perdu 0,11% (après +2,96%).

Les places financières sud-américaines ont pour leur part toutes terminé dans le vert: Mexico a pris 1,26%, Lima 2,84%, Santiago 0,33%, Sao Paulo 0,39% et Bogota a bondi de 4,48%.

Les Bourses retrouvent ainsi des couleurs après leur chute entamée à la mi-mai, provoquée par des craintes vis-à-vis des hausses de taux aux Etats-Unis.

Par ailleurs, soulignaient des spécialistes des marchés, la vigueur retrouvée des indices boursiers s’explique par la poursuite des grandes opérations de rapprochements entre entreprises, qui atteignent depuis le début de l’année des niveaux inégalés.

Les fusions-acquisitions dans le monde ont atteint la somme titanesque de 1.729 milliards de dollars au premier semestre, selon des chiffres publiés cette semaine par le fournisseur de données financières Thomson Financial. Un record historique qui dépasse les montants enregistrés à la fin des années 1990.

Et les mariages se sont encore multipliés cette semaine, avec l’annonce simultanée de plusieurs opérations géantes dans des secteurs très divers: la sidérurgie (Arcelor/Mittal), les mines (avec la fusion des groupes nord-américains Phelps Dodge, Inco et Falconbridge) ou la pharmacie (Johnson and Johnson a repris les activités de médicaments sans ordonnances de Pfizer).

Autre moteur qui tourne à plein régime, celui des introductions en Bourse: elles ont totalisé 102,2 milliards de dollars au premier semestre, atteignant presque le record historique du premier semestre 2000, au plus fort de la bulle des valeurs technologiques, selon les données du cabinet concurrent Dealogic.

 30/06/2006 21:49:38 – © 2006 AFP