En congrès, la CGT-Energie s’engage à empêcher la fusion GDF-Suez

 
 
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Plusieurs centaines de personnes manifestent, le 14 octobre 2006 à Lille, pour protester contre la privatisation de GDF (Photo : Philippe Huguen)

[27/11/2006 19:03:59] LILLE (AFP) Les dirigeants de la CGT-Energie se sont engagés lundi au nom des 71.809 militants du syndicat à empêcher le mariage GDF-Suez, après en avoir obtenu le report devant la justice, en ouverture du troisième congrès du syndicat à Lille.

Dans un discours-bilan de plus de quarante minutes, tenu devant l’amphi du Grand Palais de Lille, noir de plus d’un millier de militants et délégués, le secrétaire fédéral sortant du syndicat, Frédéric Imbrecht, s’en est pris au mariage GDF-Suez, “projet destructeur du service public”, selon lui.

Recourant à un vocabulaire martial, il a assuré les militants de sa “détermination” qui permet “aujourd’hui d’affirmer que la bataille peut être gagnée”. Discours accueilli par un tonnerre d’applaudissements.

Désireux de calmer la base du syndicat, qui impute à la direction sortante l’échec que constitue selon la CGT la loi de privatisation de Gaz de France, entérinée par le parlement le 8 novembre, il a insisté sur les “avancées” obtenues depuis l’annonce du projet de fusion avec Suez en février.

“En quelques mois, nous avons pu imposer un débat sur les questions de l’énergie, à l’échelle nationale, européenne et mondiale en réussissant à évacuer, extraire de ce débat la question du statut des personnels”, a expliqué M. Imbrecht.

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Répartition du capital GDF-Suez en cas de fusion des deux groupes

Pour Jérôme Bation, 27 ans, salarié à EGD (Electricité Gaz de France Distribution) qui participe à son premier congrès fédéral, “on a gagné sur la fusion, mais on a perdu sur la privatisation”.

“C’est une grosse victoire! Plus on repousse la fusion GDF-Suez, plus l’écart se creuse entre le cours de l’action de Gaz de France et celui de Suez, plus le montant du dividende devant être versé aux actionnaires de Suez (leur action étant plus chère) sera colossal. On parle de 8 euros soit 12 milliards. L’Etat ne peut pas se permettre de toucher à notre argent”, s’exclame Laurent Lacoque (41 ans), délégué de Lyon.

Les militants et dirigeants du syndicat ont dénoncé la “déréglementation-privatisation” du secteur de l’énergie, synonyme selon eux d’augmentation des prix pour l’ensemble des usagers.

Frédéric Imbrecht a souligné la nécessité d’une “maîtrise publique” de l’énergie dans le cadre d’un pôle industriel d’Etat constitué autour d’EDF et de GDF “fusionnés à 100% publics”.

Alors que de grandes restructurations sont en cours en Europe dans le secteur énergétique (rapprochement germano-espagnol EON-Endesa ou tentatives d’implantations du géant russe Gazprom en Europe de l’ouest), la CGT a également réitéré la proposition d’une Agence européenne de l’énergie comme “alternative au dogme de la concurrence”.

Les délégués ont appelé à un “grand opérateur public de l’énergie dirigé et orienté par les citoyens” qui regrouperait EDF, GDF, Areva et le Centre de l’énergie atomique (CEA), et s’opposerait à l’introduction des fonds de pension et des capitaux privés dans le secteur.

 27/11/2006 19:03:59 – © 2006 AFP