Aeroflot crée la surprise en se portant candidate au rachat d’Alitalia

 
 
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Un bureau de la compagnie aérienne Alitalia, le 21 janvier 2006 à Rome (Photo : Giulio Napolitano)

[02/04/2007 15:21:12] ROME (AFP) La compagnie aérienne russe Aeroflot a créé la surprise lundi en se portant candidate au rachat d’Alitalia, la compagnie en grande difficulté mise en vente par l’Etat italien.

La compagnie russe a laissé à son partenaire financier, la banque italienne Unicredit, le soin de dévoiler son intérêt pour Alitalia à l’expiration du délai pour faire acte de candidature.

“Aeroflot possède 95% du consortium et nous avons les 5% restant”, a précisé Sergio Ermotti, responsable de l’activité banque d’affaires d’Unicredit (UBM), lors d’une conférence de presse.

La candidature d’Aeroflot est une surprise totale, son nom n’ayant jamais filtré dans la presse italienne pourtant riche de rumeurs sur le processus de vente des 49,9% détenus par l’Etat italien.

Le montant qu’est prêt à mettre Aeroflot dépendra du processus de vérification des comptes d’Alitalia (“due diligence”), a précisé M. Ermotti.

Aeroflot, contrôlée à plus de 50% par l’Etat russe, a dégagé un bénéfice de 300 millions d’euros en 2006, selon M. Ermotti. “Ils ont renouvelé leur flotte et ont un projet industriel agressif”, a souligné le responsable.

Outre Aeroflot-Unicredit, deux autres consortiums sur les cinq au départ sont encore en lice pour la reprise d’Alitalia.

L’un est AP Holding, la holding du patron de la compagnie italienne Air One, Carlo Toto et l’autre est un regroupement de deux candidats, les fonds américains Matlin Patterson Global Advisers et Texas Pacific Group (TPG) qui se sont adjoints les services de la banque d’affaires Mediobanca.

La procédure prévoit qu’à ce stade, aucun nouveau candidat ne peut plus entrer en lice ou se greffer aux consortiums en course.

Unicredit a cependant indiqué “être prêt à ouvrir sa candidature à d’autres actionnaires industriels” au cas où le ministère de l’Economie l’autoriserait.

Pour David Jarach, professeur spécialisé dans le transport aérien à l’université Bocconi de Milan, Aeroflot, partenaire de l’alliance Skyteam, pourrait à moyen terme s’allier à Air France-KLM pour reprendre Alitalia.

Air France-KLM est lié par une participation croisée de 2% avec Alitalia et les deux compagnies sont membres de Skyteam. Le nom de la compagnie franco-néerlandaise a été régulièrement évoqué comme repreneur potentiel de la compagnie en dépit de ses démentis répétés.

Le processus de vente d’Alitalia est encore loin d’être bouclé.

La prochaine étape sera la présentation détaillée des offres avant le 16 avril. A ce stade, les propositions de rachat ne lient pas les candidats. Le ministère de l’Economie demandera ensuite des offres fermes et a l’intention de désigner le repreneur avant fin juin.

Les finances d’Alitalia sont catastrophiques, avec une perte avant impôts de 405 millions d’euros en 2006 pour un chiffre d’affaires en recul de 1,5% à 4,7 milliards d’euros.

La candidature d’Aeroflot intervient à un moment délicat politiquement pour le gouvernement italien, inquiet de la vente éventuelle d’une participation dans Telecom Italia à l’américain ATT.

La situation diffère cependant puisqu’au contraire de Telecom Italia, l’Etat est directement à l’origine de la vente de la compagnie aérienne (18.500 emplois) et exige des candidats des engagements sur “la sauvegarde de l’identité nationale d’Alitalia” et sur la couverture du territoire italien.

L’Etat, propriétaire de 49,9% d’Alitalia, contraint les acheteurs potentiels à reprendre au moins 39,9% et à lancer ensuite une OPA sur le reste du capital.

 02/04/2007 15:21:12 – © 2007 AFP