Allemagne : les banques restent empêtrées dans la crise du “subprime”

 
 
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Le siège de la banque IKB à Berlin (Photo : Barbara Sax)

[20/08/2007 11:03:51] FRANCFORT (AFP) L’inquiétude grandit en Allemagne sur la solidité financière des banques après l’annonce d’un spectaculaire plan de sauvetage pour l’institut public SachsenLB, victime d’investissements sur le marché en crise du crédit hypothécaire aux Etats-Unis.

Il y a quelques jours encore, la banque régionale basée à Leipzig (Est) avait pourtant assuré ne pas être particulièrement exposée sur le segment des prêts immobiliers à risque américains, les “subprime”.

La suite a prouvé le contraire. Ce week-end, les caisses d’épargne allemandes et d’autres banques publiques ont dû voler à son secours, en accordant une ligne de crédit de 17,3 milliards d’euros pour lui éviter la faillite.

C’est la deuxième fois en quelques semaines que ce scénario se répète en Allemagne. Fin juillet, c’était la Deutsche Industriebank (IKB), jusqu’ici sans histoires, qui avait frôlé la faillite. Cette spécialiste du financement des petites et moyennes entreprises n’avait dû son salut qu’à une intervention éclair du gouvernement.

Berlin, via son bras financier, la banque publique KfW, lui avait accordé une ligne de crédit de 8,1 milliards d’euros et l’ensemble du secteur bancaire allemand s’était mobilisé pour lui fournir 3,5 milliards supplémentaires en cas de besoin.

A présent, les regards se tournent vers d’autres banques qui se sont lancées ces dernières années sur le marché des “subprime”, alléchées par les perspectives de gains importants, sans qu’on connaisse l’importance exacte de ces engagements.

Deutsche Bank, Commerzbank, Postbank: les principaux établissements privés en font partie. Mais leur exposition serait minime, font-ils valoir.

Même les caisses d’épargne ne sont pas épargnées: la deuxième du pays, celle de Cologne-Bonn, a avoué ce week-end avoir dû passer une charge exceptionnelle sur ses comptes pour ses engagements aux Etats-Unis.

Mais ce sont surtout les banques publiques qui retiennent l’attention. WestLB, LBBW, BayernLB ou encore HSH Nordbank: tous les grands noms sont présents sur le secteur des “subprime”. Certains feraient même l’objet d’une enquête du gendarme de la Bourse, le Bafin, qui suit de près cette affaire.

Les Landesbanken, au nombre de 11 actuellement, payent le prix aujourd’hui d’engagements hasardeux faits ces dernières années à l’étranger, destinés à compenser la perte de rentabilité de leurs activités traditionnelles –services à la clientèle privée et aux petites entreprises– sur leur marché national.

Elles avaient aussi été mises sous pression par la perte il y a deux ans des garanties de solvabilité étatique généreuses qui leur assuraient des marges importantes et leur permettaient de proposer des crédits avantageux.

Du coup, elles ont voulu diversifier leurs activités, sans toujours bien savoir où elles mettaient les pieds. Et certaines se sont retrouvées à investir plus que de raison dans des produits financiers complexes, sans en maîtriser les subtilités.

Pour autant, même si d’autres banques publiques venaient à être touchées, leur survie n’est pas menacée car elles pourront toujours compter sur le soutien de leurs actionnaires, les caisses d’épargne et les Etats régionaux allemands, tempère Dieter Hein, analyste chez Fairesearch. “Les Landesbanken ont des actionnaires qui ont les poches profondes”, explique-t-il, et si quelqu’un doit vraiment s’inquiéter, ce sont plus les contribuables qui seront appelés à les renflouer en dernier recours.

La crise actuelle devrait aussi donner un coup de fouet à la consolidation du secteur. Actuellement, WestLB et LBBW sont en discussions pour un rapprochement. Leur mariage donnerait naissance à la deuxième banque allemande en terme de somme de bilan derrière Deutsche Bank.

 20/08/2007 11:03:51 – © 2007 AFP