Alitalia : les discussions reprennent sous la pression du gouvernement

 
 
photo_1207139006864-1-1.jpg
Des salariés d’Alitalia manifestent près du siège de la compagnie à Rome, le 31 mars 2008 (Photo : Andreas Solaro)

[02/04/2008 16:52:20] ROME (AFP) Air France-KLM et les syndicats d’Alitalia ont repris mercredi à Rome leurs négociations sous la pression du gouvernement qui a averti qu’un échec des discussions ouvrirait la voie à une faillite de la compagnie.

“Si l’offre d’Air France échoue, l’unique proposition d’achat disparaît” et le recours au placement sous administration extraordinaire impliquant une douloureuse restructuration sera inévitable, a averti le ministre de l’Economie, Tommaso Padoa-Schioppa, lors d’une audition devant les députés.

Cette mise en garde a été lancée avant la reprise des négociations entre Air France-KLM et les syndicats qui est intervenue en milieu de journée à Rome.

Le président d’Alitalia, Maurizio Prato, a fixé à ce mercredi la nouvelle date-limite pour trouver un accord.

Le président d’Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta, a ouvert la réunion en évoquant un renouvellement plus rapide que prévu de la flotte d’Alitalia qui aurait pour effet de réduire le nombre de suppressions d’emplois pour les pilotes, selon des sources syndicales.

Il a proposé d’avancer à 2009 l’entrée en service de deux B777 et le remplacement des anciens MD80 d’Alitalia par des Airbus 321, selon ces sources.

Les syndicats ont répondu en promettant une “contre-proposition” permettant de rendre le projet “plus acceptable et avec un impact minimal sur l’emploi”, a dit Massimo Notaro, président du syndicat des pilotes Up.

Le responsable syndical ne s’attend cependant pas à un accord dès ce mercredi.

Alitalia demande un prêt relais de 300 millions d’euros à l’Etat italien pour tenir jusqu’à la recapitalisation d’1 milliard d’euros promise par Air France-KLM en cas de rachat.

“Sans conclusion positive des négociations en cours, un prêt relais – même en ne tenant pas compte de son incompatibilité avec les règles communautaires – ne serait pas possible”, a prévenu le ministre de l’Economie.

Alitalia disposait d’une trésorerie de 180 millions d’euros fin février et a retrouvé en mars 148 millions d’euros via des crédits d’impôts et des cessions.

M. Padoa-Schioppa a souligné que la compagnie italienne vivait “aujourd’hui des heures décisives” et qu’un éventuel placement sous administration extraordinaire entraînerait “une restructuration radicale”, bien plus douloureuse qu’une vente à Air France-KLM.

En cas d’échec des négociations, Alitalia serait probablement placée sous la loi Marzano, utilisée en 2004 lors du krach du groupe agroalimentaire Parmalat, a-t-il précisé.

Cette loi prévoit la nomination d’un commissaire extraordinaire chargé d’étudier une éventuelle restructuration du groupe ou la mise en faillite.

Les faillites de la suisse Swissair et de la belge Sabena “donnent une idée du sombre scénario que serait une liquidation”, a souligné le ministre.

“La cession n’est qu’un passage nécessaire avant une inévitable et malheureusement douloureuse restructuration de la société”, a-t-il ajouté.

Les déclarations du ministre ont été mal accueillies par le syndicat Filt-Cgil (gauche), majoritaire chez le personnel au sol, qui les a jugées “irresponsables”.

Le projet de reprise de la compagnie franco-néerlandaise prévoit 2.100 suppressions de postes. Air France-KLM propose aussi d’intégrer 4.191 des 7.400 salariés d’AZ Servizi, la branche maintenance et administration de la compagnie italienne.

 02/04/2008 16:52:20 – © 2008 AFP