Crise financière : Tokyo, Pékin et Séoul veulent renforcer leur coopération

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ésident sud-coréen Lee Myung-Bak à Fukuoka le 13 décembre 2008 (Photo : Toru Yamanaka)

[13/12/2008 10:33:00] FUKUOKA (Japon), (AFP) Le Japon, la Chine et la Corée du Sud ont appelé samedi à un renforcement de la coopération en Asie pour affronter la crise économique mondiale, en proposant notamment de recapitaliser la Banque asiatique de développement.

Les Premiers ministres japonais, Taro Aso, et chinois, Wen Jiabao, et le président sud-coréen Lee Myung-Bak se sont réunis à Fukuoka (sud-ouest) pour un sommet exceptionnel, largement consacré à l’économie.

Représentant les trois-quarts du produit intérieur brut asiatique, les trois pays ont jugé “nécessaire de renforcer la coopération afin de gérer la situation”, indique un communiqué commun.

Selon les trois dirigeants, les pays d’Asie devraient “jouer leur rôle en tant que +centre de la croissance économique mondiale+, afin de renverser le cours négatif de l’économie mondiale”.

Pour renforcer la coopération régionale, ils ont appelé à augmenter rapidement le capital de la Banque asiatique de développement (BAD), une institution qui pourrait “aider les pays asiatiques en développement touchés par la crise financière, notamment pour soutenir leurs infrastructures et secteurs financiers”.

La BAD a averti récemment que la crise économique renforçait ses besoins en argent frais.

Les trois dirigeants ont en outre pressé les pays asiatiques de concrétiser leur engagement d’instaurer un fonds régional anticrise, en prolongeant l'”initiative de Chiang Mai”, un système d’échange de devises instauré en 2000 après une tempête financière.

Tokyo, Pékin et Séoul se sont mis d’accord en octobre avec les dix pays de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean) pour créer un fonds commun de 80 milliards de dollars d’ici juin 2009.

Vendredi, la banque centrale de Corée du Sud avait annoncé une extension des accords d’échange de devises avec la Chine et le Japon, afin d’apaiser les tensions sur le won, la monnaie sud-coréenne, attaquée depuis le début de la crise financière.

MM. Aso, Wen et Lee n’ont annoncé samedi aucune décision concrète. Mais selon le Premier ministre chinois, le principe même de ce sommet constituait “une étape importante”.

Il s’agit de la première réunion tripartite entre les trois puissances, en dehors des réunions multilatérales. Elle aurait été inimaginable il y a encore deux ans, lorsque Chine et Corée du Sud reprochaient vertement au Japon de ne pas exprimer de regrets pour sa politique impérialiste avant et pendant la Seconde guerre mondiale.

Des désaccords à propos de la souveraineté sur des groupes d’îles provoquent toutefois encore des sautes d’humeur entre Tokyo et ses voisins.

M. Aso s’est plaint auprès de M. Wen du passage récent de navires chinois dans une zone que Tokyo, tout comme Pékin, considère comme ses eaux territoriales.

Mais les trois pays s’efforcent d’apaiser leurs relations depuis 2006 et ont souligné samedi qu’ils envisageaient un “avenir pacifique, prospère et viable pour la région”.

Ils ont aussi appelé à une reprise des pourparlers à six pays comprenant, outre eux-mêmes, la Corée du Nord, les Etats-Unis et la Russie, pour concrétiser l’engagement de la Corée du Nord à abandonner ses activités nucléaires.

Les discussions se sont soldées par un échec jeudi à Pékin, poussant l’administration américaine à suspendre ses livraisons de fuel promises à Pyongyang.

“Lorsque l’administration Obama sera en place aux Etats-Unis, les discussions pourront vraiment reprendre”, a déclaré M. Lee à l’issue du sommet.