Liasses de billets de 100 yuans dans une banque de Nanjing, dans le sud du pays |
[10/02/2009 09:35:11] PEKIN (AFP) L’inflation en Chine, principal souci économique du gouvernement il y a un an, a encore ralenti en janvier pour ne pas dépasser 1%, ravivant les perspectives de déflation déjà évoquées ces derniers mois par les analystes.
L’indice des prix à la consommation, principale mesure de cette inflation, a progressé de 1,0%, contre 1,2% en décembre, après plusieurs mois de décélération continue, a annoncé mardi le Bureau national des statistiques (BNS).
Le gouvernement avait fait de la lutte contre l’inflation sa priorité en début d’année dernière et l’indice avait connu un plus haut en près de 12 ans en février, à +8,7%.
“Nous voyons certainement la Chine évoluer vers un environnement déflationniste dans les mois à venir”, a affirmé Glenn Maguire, économiste en chef de Société Générale pour l’Asie-Pacifique.
Le non-alimentaire a notamment enregistré une chute de 0,6% et les prix des services ont décliné de 0,8%.
Si l’inflation hors alimentation et énergie, considérés comme des secteurs trop volatils, “bouge vers le négatif pour une longue période, ce sera inquiétant”, a estimé Wang Tao, économiste d’UBS.
Les prix de l’alimentation ont augmenté de 4,2% en glissement annuel et de 3,3% par rapport à décembre, selon le BNS.
Sur l’ensemble de 2008, l’indice avait augmenté de 5,9%.
La croissance, de 9%, a été à un seul chiffre pour la première fois en six ans, l’an dernier.
Certains analystes estiment que dans le contexte actuel de crise économique mondiale, la chute de la demande étrangère et donc des exportations chinoises entraîne trop d’offre sur le marché intérieur, tirant les prix à la baisse.
La baisse est également visible dans les prix à la production, montrant l’évolution des prix au départ de l’usine, qui sont tombés de 3,3% le mois dernier, selon l’agence officielle Chine Nouvelle.
“Les prix à la production deviennent davantage liés aux prix à la consommation en Chine, et à mesure qu’ils iront vers le négatif, nous verrons vraisemblablement une période de déclin des prix”, commenté Glenn Maguire.
Entrent aussi en jeu des facteurs extérieurs, comme les cours des matières premières, qui limitent le champ d’action des autorités.
Mais pour Wang Tao, “le gouvernement devrait prendre certaines mesures comme élever les cours d’achat des céréales et autres produits agricoles”.
Pékin en a déjà pris, par ailleurs, pour développer la consommation dans les campagnes où, en janvier, l’inflation a été de 1,5% contre 0,7% dans les zones urbaines, selon le BNS.