Trichet contre une restructuration de la dette grecque

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évrier 2011 à Bruxelles (Photo : John Thys)

[07/02/2011 15:59:26] BRUXELLES (AFP) En tant que président du Comité européen des risques systémiques (CERS), Jean-Claude Trichet s’est montré lundi réticent à l’éventualité d’une restructuration de la dette grecque parce qu’elle frapperait les investisseurs de long terme.

“Mon message est simple. Il faut appliquer les programmes (de restriction budgétaire décidés, ndlr). Ce message s’adresse au gouvernement grec, mais aussi à l’Irlande, afin de retrouver une crédibilité. Cela prend du temps”, a déclaré M. Trichet, interrogé par la commission économique du Parlement européen à Bruxelles sur la possibilité d’une telle restructuration, préconisée par certains dirigeants politiques et économiques.

M. Trichet, qui est également président de la Banque centrale européenne (BCE), a souligné que ce sont les “investisseurs de long terme qui perdent de l’argent si l’on pratique des décotes. Ceux de court terme gagnent de l’argent. C’est un élément qu’il faut avoir à l’esprit”.

“Des plans sont prévus, il faut les mettre en oeuvre”, a encore insisté M. Trichet, jugeant “très important de ne pas établir de confusion. Les plans adoptés doivent être exécutés et la communauté internationale attend que l’on se conduise de manière appropriée”.

Interrogé sur les nouvelles propositions pour améliorer la gouvernance au sein de la zone euro, M. Trichet a indiqué que le CERS, nouvel organe européen chargé de prévenir une crise financière de l’ampleur de celle de 2008 et qui s’est réuni pour la première fois le 20 janvier, ne les avait pas encore étudiées.

“S’il y a des améliorations de la gouvernance des 27, c’est bien pour la stabilité systémique” de la région dans son ensemble, a toutefois déclaré M. Trichet, qui sous sa casquette de la BCE a appelé à de nombreuses reprises à un renforcement de la gouvernance économique européenne.

L’Allemagne et la France ont proposé vendredi un “pacte” visant à renforcer la discipline et la coordination économiques au sein de la zone euro mais cette initiative est critiquée par certains de leurs partenaires, entre autres parce qu’elle implique des sommets des seuls chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro, un format jusqu’ici exceptionnel.