Le Japon retombe en récession sous le choc du séisme du 11 mars

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éfecture de Fukushima, le 17 mai 2011 (Photo : Toshifumi Kitamura)

[19/05/2011 05:53:56] TOKYO (AFP) Le Japon est retombé en récession au premier trimestre 2011 à cause de la brutale chute d’activité économique due aux séisme et tsunami meurtriers du 11 mars, drames amplifiés par l’accident nucléaire de Fukushima.

Le produit intérieur brut (PIB) de la troisième puissance économique mondiale a décliné de 0,9% au 1er trimestre 2011 par rapport au précédent, soit un repli de 3,7% en rythme annualisé, a précisé jeudi le gouvernement

Une récession est définie par deux trimestres consécutifs de contraction du PIB.

L’économie nippone avait déjà décru de 0,8% en termes réels au cours des trois derniers mois de 2010 par rapport au trimestre précédent (-3,0% en rythme annualisé), selon les statistiques officielles révisées en forte baisse.

Le recul pour le premier trimestre est pire que prévu, même si la catastrophe s’est produite seulement en fin de période. La chute de l’activité a été telle qu’elle a effacé les performances des semaines antérieures.

Le renversement brutal est “en grande parti dû aux répercussions du tremblement de terre”, a souligné le ministre délégué à la Politique économique, Kaoru Yosano.

Il prévient que l’économie japonaise devrait rester faible quelque temps à cause de la force du choc encaissé par le pays, mais que cela ne durera pas: “elle est suffisamment résistante pour se relever de cette épreuve”, a-t-il déclaré.

L’impact du séisme, du tsunami et de l’accident nucléaire de Fukushima a nui aux investissements, entravé les livraisons au Japon et à l’étranger, fait plonger la demande intérieure, le tout sur fond de désastre humain et matériel, de désorganisation, de pénurie d’électricité, de tristesse et d’anxiété.

Selon les données détaillées, les dépenses d’équipements des entreprises et investissements du secteur public ont fléchi, tout comme la consommation des foyers.

Une poursuite du repli est en outre redoutée pour le deuxième trimestre du fait de l’ampleur des dégâts et des perturbations multiples occasionnées dans les circuits logistiques et l’activité industrielle, d’autant que les exportations sont également affectées.

Outre les destructions d’usines qui affaiblissent les capacités de production, les fuites radioactives de la centrale accidentée de Fukushima rendent méfiants les pays importateurs de produits nippons. Ces derniers forcent à des contrôles ou interdisent l’entrée de certaines marchandises sur leur territoire.

Les entreprises sont quant à elles perplexes et surtout incapables d’établir des pronostics pour les mois à venir.

Dans ce contexte, la reprise n’est pas espérée avant les trois mois de juillet à septembre, lorsque la reconstruction aura plus concrètement démarré, avant une stabilisation escomptée à Fukushima en fin d’année.

M. Yosano a lui aussi reconnu qu’il ne serait “pas très surprenant” que la décroissance se poursuive au deuxième trimestre.

Mais selon lui le Japon devrait malgré tout enregistrer une croissance de l’ordre de 1% pour l’année, notamment grâce aux mesures étatiques pour revigorer le pays, qui a perdu quelque 25.000 personnes dans cette tragédie, la pire depuis la fin de la guerre.

Le gouvernement a évalué à 25.000 milliards de yens (297 milliards de dollars) le coût de la catastrophe du 11 mars, un montant qui n’intègre cependant pas l’impact des rejets radioactifs de la centrale de Fukushima sinistrée et en proie à une grave série d’accidents.

Une première rallonge budgétaire de quelque 4.000 milliards de yens (34 milliards d’euros) a déjà été approuvée pour la reconstruction et une deuxième est censée être décidée dans les prochaines semaines.

Le Premier ministre espère que les ménages, qui ont fait preuve d’une retenue jugée excessive dans les semaines suivant la catastrophe, recouvrent vite moral, entrain et propension à dépenser, même si les mois d’été à venir seront marqués par la nécessité de faire d’importantes et contraignantes économies d’électricité.