Sécheresse : 2/3 des surfaces semées en grandes cultures ne sont pas assurées

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é par la sécheresse le 19 mai 2011 à Aslonnes dans le centre de la France. (Photo : Alain Jocard)

[24/05/2011 18:33:36] PARIS (AFP) Deux tiers des surfaces semées en grandes cultures ne sont pas assurées contre les événements climatiques tels que la sécheresse qui sévit en France depuis deux mois, a déclaré mardi à l’AFP Stéphane Gin, directeur Assurance agricole de l’assureur Groupama.

La filière de production agricole principalement touchée par la sécheresse est celle des fermes à dominante de “grandes cultures”, dont “un petit moins de 30% des surfaces sont assurées. Il reste 70% sur lesquels aujourd’hui il n’y a pas eu de décision d’achat d’une assurance multirisque climatique par l’agriculteur”, a souligné M. Gin.

Groupama est le premier assureur de l’agriculture française qui détient sur le segment de l’assurance multirisque climatique sur récoltes, “entre 90 et 95% des contrats du marché”, soit plus de 61.000 polices sur “les 70.000 souscrites sur le territoire”, a précisé Stéphane Gin.

Tous ces assurés sont bien évidemment couverts pour le risque sécheresse.

“Il n’y a pas d’obligation d’assurances, il appartient aux agriculteurs de faire la démarche de s’assurer”, a indiqué pour sa part Frédéric Gudin du Pavillon, directeur adjoint Assurance agricole de biens et responsabilité au sein de la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA).

“Il y a plus d’agriculteurs non assurés que d’assurés”, a-t-il ajouté en précisant que l’assurance multirisque climatique était pourtant “aujourd’hui subventionnée à hauteur de 65% de la prime d’assurance”.

Les agriculteurs ne peuvent plus prétendre à cette couverture climatique depuis le 21 avril, mais “pourront s’assurer en début d’année prochaine lorsque les campagnes de souscription seront rouvertes”, a également indiqué l’expert de la FFSA.

“Aujourd’hui on considère que l’événement sécheresse -et ses effets – est quasiment certain. Et dans la mesure où un événement est certain il ne peut plus être assuré”, a-t-il confirmé.

Le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire a annoncé lundi sur Europe 1 qu’il allait rassembler les préfets de région “dans les tout prochains jours” pour faire le point avec eux, “exploitation par exploitation, des besoins financiers”.

Le fonds de garantie des calamités agricoles, doté d’une centaine de millions d’euros, “va forcément être mobilisé”, a déclaré à l’AFP Xavier Beulin, président de la FNSEA, le principal syndicat agricole.

Seulement, “les grandes cultures ne sont plus assurées via le fonds depuis 2009 et les viticulteurs depuis le 1er janvier de cette année”, rappelle M. Gudin du Pavillon, “le fonds va intervenir pour ceux qui ne sont pas considérés comme assurables” comme c’est le cas des fourrages.

Mais “pour ceux qui ont choisi de ne pas s’assurer, c’est un choix malheureux et ce n’est pas au fonds de venir à leur secours alors même qu’une partie de la prime d’assurance est déjà subventionnée”, a jugé M. Gudin du Pavillon.

Quant à la perte en perspective, selon lui, “il est un peu tôt pour l’estimer parce que le mécanisme de multirisque récolte tel qu’il existe en France -et qui découle de mécanismes de subvention européenne- est soumis à des niveaux de franchise élevés.”