é Luis Rodriguez Zapatero donne une conférence de presse à Madrid, le 29 juillet 2011 (Photo : Pierre-Philippe Marcou) |
[29/07/2011 13:56:17] MADRID (AFP) Le chef du gouvernement socialiste espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a annoncé vendredi des élections législatives anticipées le 20 novembre, bousculé par un contexte économique difficile, un chômage record et des pressions jusque dans son propre parti.
Les élections, prévues en mars 2012, “auront lieu le 20 novembre”, a déclaré M. Zapatero, assurant avoir mené à bien sa mission de remettre sur les rails l’économie du pays. “C’était le choix naturel, raisonnable”, a-t-il dit.
Ces élections étaient réclamées avec insistance par le Parti Populaire (PP), le principal parti de droite, en particulier depuis la lourde défaite socialiste aux élections régionales du 22 mai.
De hauts responsables socialistes ont penché dans le même sens y compris, selon les médias, le candidat aux élections Alfredo Perez Rubalcaba.
M. Zapatero, qui ne se représentera pas, a profité de la conférence de presse où il dressait le bilan du premier semestre pour annoncer ces élections, après avoir déclaré que “le gouvernement a rempli une bonne partie des objectifs de la deuxième partie du mandat”.
“Dans un contexte toujours compliqué, l’économie montre des signes positifs… Nous avons posé les bases de la reprise”, a-t-il affirmé, alors que l’économie espagnole a légèrement crû au premier trimestre (0,3%) mais souffre encore d’un chômage endémique.
“Pour cette raison, c’est le moment d’annoncer le calendrier des prochaines élections”, “au nom de l’intérêt général”, a-t-il dit, donnant la tonalité d’une campagne qui sera axée sur l’économie, socialistes et conservateurs ayant annoncé qu’ils feraient de l’emploi leur priorité.
“Cette date nous permet de terminer des choses essentielles comme la réduction du déficit”, a ajouté M. Zapatero, en promettant de remplir “tous ses engagements afin de mener à bien la reprise économique”.
Selon les chiffres annoncés vendredi même, 20,89% des Espagnols sont au chômage, un léger mieux mais toujours un record parmi les pays industrialisés. La tendance à la hausse se poursuit chez les 16-24 ans, dont 46,1% sont sans travail.
Et alors que l’économie du pays peine à sortir de la crise, un nouveau coup de semonce est venu vendredi de l’agence de notation Moody’s.
Celle-ci a annoncé qu’elle envisageait d’abaisser la note de la dette souveraine de l’Espagne, actuellement à “Aa2”, évoquant notamment la difficulté du gouvernement à appliquer une rigueur budgétaire du fait d’un “environnement de faible croissance”.
Selon le calendrier annoncé vendredi, le prochain gouvernement pourra être en place “à partir du 1er janvier pour s’atteler à l’année économique 2012”, a souligné M. Zapatero.
Le chef du PP, Mariano Rajoy, 56 ans, favori pour diriger le prochain gouvernement, a estimé qu’une “tâche très difficile” se profilait. Il a annoncé, s’il est élu, “de nouvelles mesures d’austérité”, ajoutant que l’emploi serait la priorité de son gouvernement.
M. Zapatero, 50 ans, arrivé au pouvoir en 2004 par surprise, dans la foulée des attentats islamistes de Madrid, réélu en 2008, avait annoncé en avril qu’il ne représenterait pas à l’issue de son deuxième mandat.
Alors que le PP était largement en tête dans les sondages, l’écart a semblé se resserrer depuis la désignation de M. Rubalcaba, 60 ans, comme chef de file socialiste.
Selon le sondage mensuel publié mercredi par le Centre d’enquêtes sociologiques, les socialistes recueillent 36% des intentions de vote contre 43,1% aux conservateurs, soit un écart réduit de 3,3 points par rapport à la précédente enquête.
Mais face aux perspectives électorales désastreuses, une partie des responsables socialistes s’étaient prononcés pour un scrutin anticipé, face à M. Zapatero qui, selon son entourage, était décidé à aller coûte que coûte jusqu’au bout de la législature afin de consolider la reprise économique.