ût 2011 à Madrid (Photo : Javier Soriano) |
[16/08/2011 08:34:51] MADRID (AFP) La croissance espagnole a ralenti au deuxième trimestre, selon les chiffres officiels, alors que le pays est attaqué sur les marchés dans un climat tendu dû aux craintes de contagion de la crise de la dette en Europe.
Le Produit intérieur brut a augmenté de 0,2%, contre 0,3% au premier trimestre, a indiqué mardi l’Institut national de la statistique, confirmant les prévisions de la Banque d’Espagne qui avait souligné le 5 août “un environnement marqué par l’aggravation de la crise de la dette souveraine dans la zone euro”.
La croissance est tirée par “la demande extérieure, partiellement compensée par une contribution négative de la demande intérieure”, indique l’institut INE dans un communiqué.
Sur un an, la croissance au 2e trimestre s’établit à 0,7%.
L’économie du pays, qui a beaucoup souffert de la crise financière internationale et de l’éclatement de sa bulle immobilière, peine à renouer avec la croissance. Cette faible croissance ne permet toujours pas de créer d’emploi, alors que l’Espagne affiche le taux de chômage (20,89%) le plus élevé parmi les pays industralisés.
Après une forte baisse en 2009, de 3,7%, le PIB espagnol s’est légèrement replié, de 0,1%, en 2010.
Le pays est soumis, comme l’Italie et plus récemment la France, à de fortes turbulences sur les marchés, les investisseurs paniquant face aux perspectives inquiétantes de l’économie mondiale et aux craintes de contagion de la crise de la dette.
Les marchés font pression, attendant des mesures fortes des pays européens en matière de gouvernance qui permettent de mieux mutualiser la dette en zone euro, après les plans de sauvetage de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal.
Madrid a affirmé être “loin d’avoir besoin” d’un sauvetage mais la Banque centrale européenne est intervenue pour racheter 22 milliards de dette de pays européens, dont l’Espagne, selon les investisseurs.
L’Espagne, comme l’Italie et la France, se sont engagés à réduire leurs déficits.
Le gouvernement espagnol doit avaliser vendredi de nouvelles mesures, en augmentant ses recettes de 2,5 milliards d’euros dès cette année au moyen d’une réforme de l’impôt sur les grandes sociétés. L’assurance-maladie économisera quelque 2,4 milliards supplémentaires en augmentant les achats de médicaments génériques.
Ce plan s’ajoute aux réformes déjà lancées du marché du travail, du secteur bancaire et des retraites.
Pour l’ensemble de 2011, la Banque d’Espagne prévoit une croissance de 0,8% tandis que le gouvernement table sur +1,3%. Pour 2012, la Banque d’Espagne prévoit 1,5% et le gouvernement 2,3%.