Espagne : les créances douteuses des banques au plus haut depuis 17 ans

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Le logo de la banque espagnole Santander (Photo : Dominique Faget)

[19/12/2011 10:08:53] MADRID (AFP) Le taux de créances douteuses des banques espagnoles, indice de leur vulnérabilité, a atteint en octobre un nouveau record depuis novembre 1994, selon les chiffres de la Banque d’Espagne publiés lundi.

Les créances douteuses, principalement des crédits immobiliers susceptibles de ne pas être remboursés, s’élevaient à 131,9 milliards d’euros en octobre, soit 7,42% du total des créances, contre 7,16% en septembre et 7,14% en août.

Le secteur bancaire espagnol, fragilisé depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2008, est une des sources d’inquiétudes des marchés sur la santé financière du pays.

Le taux de créances douteuses, qui n’était que de 3,37% fin 2008, s’est fortement détérioré depuis, tandis que le pays plongeait dans la récession pendant 18 mois.

Pour rassurer les marchés, l’Espagne a mené un vaste plan de restructuration du secteur et décidé de lui imposer des ratios de solvabilité plus élevés, mais les économistes jugent que cela n’est pas suffisant.

Le prochain chef du gouvernement, le conservateur Mariano Rajoy, qui doit prononcer lundi son discours d’investiture devant le Parlement espagnol, a d’ores et déjà annoncé qu’il mènerait une nouvelle réforme du secteur bancaire.

Car, alors que les ventes de logements restent sinistrées, les actifs immobiliers des banques perdent constamment de leur valeur.

Ayant prêté à tout-va, aux promoteurs comme aux ménages, les banques espagnoles ont désormais sur les bras 176 milliards d’euros de crédits problématiques et d’immeubles et terrains saisis.