A New York, le boom des tours résidentielles de luxe

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ée dans un condominium de luxe à New York, le 3 juin 2013 (Photo : Emmanuel Dunand)

[05/06/2013 14:18:44] NEW YORK (AFP) Un appartement avec terrasse et vue imprenable pour 90 millions de dollars ? Un autre pour “seulement” 55 millions ? A New York, les tours résidentielles de luxe connaissent un vrai boom, et les prix s’envolent chaque jour un peu plus.

Les acheteurs sont Américains, mais viennent aussi d’Amérique du Sud, du Moyen-Orient, de Chine et de Russie. Pour les promoteurs immobiliers new-yorkais, la crise financière de 2008 est depuis longtemps oubliée.

“Le marché de luxe a rebondi à New York et atteint des prix supérieurs au dernier pic”, admet Jeff Dvorett, chargé d’un de ces projets de tours hyper luxe, la “0ne 57”, en cours de construction au sud de Central Park.

“La stabilité du marché à New York attire de nombreux acheteurs”, ajoute-t-il.

La construction de la tour de 90 étages, conçue par l’architecte français Christian de Portzamparc, avec des vues à couper le souffle sur Manhattan, a démarré en décembre 2011. 70% des appartements ont déjà un acheteur, et quand tous seront vendus, le total des ventes sera proche de 2 milliards de dollars.

Deux penthouses (appartements avec grande terrasse), au sommet de “One 57” auraient été vendues pour entre 90 et 100 millions de dollars, un record pour un appartement à Manhattan.

Plus au sud de l’île, à Tribeca, la “56 Leonard” et ses appartements vitrés du sol au plafond, dont la construction sera terminée en 2015, affiche un bilan comparable. 75% des 145 appartements ont été vendus en à peine trois mois, avec un objectif de vente final de plus d’1 milliard de dollars, indique à l’AFP Elizabeth Unger, directrice des ventes pour le groupe Corcoran, leader en matière d’immobilier de luxe.

“Le succès et la rapidité des ventes de la +56 Leonard+ battent des records. En deux mois, 50% des appartements avaient été vendus, pour plus de 600 millions de dollars. Nous sommes à trois mois, et en avons vendu 75%”.

Là aussi, les plus fortunés se voient proposer des penthouses en haut de la tour de verre de 60 étages, aux vues vertigineuses.

Selon Mme Unger, ce boom des tours résidentielles de luxe s’explique par le fait que “le marché à New York manque de ces produits nouveaux, uniques, et haut de gamme”.

Elle salue aussi la gouvernance du maire Michael Bloomberg depuis 12 ans, qui dit-elle a permis “d’énormes progrès en matière d’infrastructures et de commerce”, et soutenu ainsi l’augmentation des valeurs immobilières”.

Selon le site CityRealty, le nombre d’immeubles dont les appartements dépassent 15 millions de dollars à Manhattan est passé de 33 en 2009 à 49 cette année.

S’y ajoutera bientôt la “Walker Tower” sur la 18e rue à Chelsea. Construite par l’architecte Ralph Walker à la fin des années 20, avec des éléments art déco soigneusement conservés, elle était au départ une centrale téléphonique. Elle a été transformée ces derniers mois en 47 appartements de luxe, dont le plus cher, une penthouse en plein ciel, sera prochainement proposé à 55 millions de dollars.

Dans cette tour aux neuf teintes différentes de brique, un appartement de deux chambres et un bureau, avec une cuisine ouverte et des salles de bains ultra luxueuses, en tout 300 m2 sous des plafonds de 4m de haut, a été vendu 14 millions de dollars. Avec en plus une terrasse de 95 m2, avec vue sur l’Empire State building.

Des vues incroyables

ourquoi des prix si élevés pour le commun des mortels ?

“Les acheteurs cherchent la qualité extrême: des appartements spacieux, raffinés, les services hôteliers de luxe du Park Hyatt (voisin), et des vues inégalées de Central park” explique pour la “One57” Jeff Dvorett, vice-président de la Extell Development Company. A ce prix, ils ont aussi piscine intérieure, salle de concert, salle de sport, salle de jeux, bibliothèque, salle de réception privée…

Elizabeth Unger évoque des clients ayant de l’expérience, et qui “reconnaissent la qualité, le soin du détail, et les constructions exceptionnelles”.

Pour la “56 Leonard”, le cabinet suisse d’architectes Herzog & de Meuron, a collaboré avec le sculpteur britannique d’origine indienne Anish Kapoor.

Leur réputation a attiré des acheteurs de “France, du Royaume Uni, du Brésil, de Chine”, même si la plupart des acheteurs sont des New-Yorkais.

Et pour eux, pas de souci d’obtenir un prêt bancaire”.

“A ce niveau, la plupart des acheteurs payent comptant”, confie à l’AFP Elliot Joseph, un des promoteurs de la Walker Tower.

Et les projets continuent, de plus en plus haut.

Une nouvelle tour conçue par l’architecte uruguayen Rafael Viñoly, “432 Park Avenue”, vise à devenir à l’horizon 2015 l’immeuble résidentiel le plus haut du continent américain, avec 426 mètres de haut.

Là aussi, les ventes semblent se passer sans problème : lancées en mars, elles ont dépassé 1 milliard de dollars, selon ses promoteurs, pour des logements allant de 7 à 95 millions de dollars.