écoutent le ministre des Finances P. Chidambaram présenter à la télévision son budget provisoire, sur la façade de la bourse de Bombay, le 17 février 2014 (Photo : Punit Paranjpe) |
[17/02/2014 10:10:33] New Delhi (AFP) Le gouvernement indien a défendu lundi son action, après 10 ans sous la direction du Premier ministre Manmohan Singh, et a promis de garder sous contrôle les déficits publics d’ici les élections législatives du printemps, lors de la présentation du budget provisoire.
Le ministre des Finances P. Chidambaram a rejeté les accusations de “paralysie politique”, soulignant que le gouvernement était parvenu à sortir de la pauvreté 140 millions de personnes en 10 ans, lors de la présentation de ce budget pour 2014/15.
Ce budget provisoire doit permettre au gouvernement de couvrir les dépenses jusqu’aux élections prévues d’ici mai avant l’arrivée d’un nouvel exécutif à qui il reviendra de décider des prochaines grandes orientations budgétaires.
Le Premier ministre Manmohan Singh, qui achève dix années à la tête d’une coalition gouvernementale conduite par le parti du Congrès, doit faire face aux critiques sur son incapacité à relancer la croissance, à endiguer l’inflation et à réduire la corruption.
Le parti du Congrès est en net retard dans les sondages sur le parti nationaliste hindou (BJP) à l’approche du scrutin.
“Notre plus grande fierté est d’avoir permis à 140 millions de personnes de sortir de la pauuvreté”, a dit le ministre des Finances en conclusion de sa présentation au parlement.
“Je rejette les accusations de paralysie politique”, a-t-il ajouté, “laissons l’histoire juger de ces dix dernières années”.
à Delhi, le 17 février 2014, où il doit présenter un budget provisoire (Photo : Prakash Singh) |
Promettant de tenir le cap de la baisse des déficits, le ministre des Finances a annoncé que le déficit public atteindrait 4,6% du PIB pour l’exercice budgétaire 2013/14 qui s’achève fin mars, soit “sous la ligne rouge” de 4,8% fixée l’an dernier.
Il entend poursuivre ses efforts avec un déficit public de 4,1% pour l’exercice 2014/15.
“Je peux vous assurer que le déficit public recule, le déficit des comptes courants est tenu, l’inflation est modérée et le taux de change stable”, a dit le ministre.
L’Inde a connu un été 2013 difficile notamment en raison de la fuite de capitaux étrangers anticipant la fin de la politique monétaire accomodante des Etats-Unis. Le gouvernement a pris depuis des mesures pour réduire son déficit courant, mesure large des échanges avec l’étranger, et endiguer la chute de la roupie.
– Coup de pouce à l’automobile –
Sur le front de la croissance, le ministre des Finances a confirmé qu’il prévoyait une légère amélioration d’ici fin mars, avec une hausse moyenne de 5,2% sur les deux derniers trimestres de 2013/14 permettant d’atteindre une croissance de 4,9% sur l’exercice.
Il s’agit cependant d’un taux nettement inférieur à la croissance de près de 10% qu’a connue la troisième économie d’Asie pendant une décennie. En 2012/13, le pays avait enregistré une croissance de seulement 4,5%.
Le ministre a aussi annoncé un coup de pouce à plusieurs secteurs industriels.
à Calcutta le 2 février 2014 (Photo : Dibyangshu Sarkar) |
“La situation économique actuelle nécessite des interventions qui ne peuvent attendre le prochain budget complet”, a-t-il dit. “La production manufacturière est le talon d’achille de l’économie indienne” et “la baisse de l’investissement manufacturier est particulièrement inquiétante”, a estimé le ministre.
Des impôts indirects (droits d’accise) sur l’automobile et sur les téléphones mobiles vont ainsi être réduits afin de relancer la production en Inde. “Le secteur manufacturier a besoin d’incitations immédiates”, a-t-il reconnu.
La baisse des droits dans l’automobile concernera en particulier les petits modèles, créneau dominé par le groupe indien Maruti Suzuki.
Le ministre a aussi annoncé que le budget de la Défense augmenterait de 10% en particulier notamment pour financer les retraites du personnel. L’Inde est le premier importateur d’armes conventionnelles mais des pans entiers de son armée connaissent un retard criant de modernisation.