La sécheresse en Espagne menace de faire grimper le prix de l’huile d’olive

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ères années (Photo : Cristina Quicler)

[21/08/2014 09:17:59] Madrid (AFP) Les amateurs d’huile d’olive doivent se préparer à payer plus cher leurs bouteilles, à l’heure où le manque de pluie dans le sud de l’Espagne et une bactérie qui s’attaque aux oliviers italiens menacent la prochaine récolte.

Depuis plusieurs mois, une sécheresse exceptionnelle touche le sud de l’Espagne, affectant les alentours de Jaen et de Cordoue où s’étendent des oliveraies à perte de vue. L’Espagne est le premier producteur mondial d’huile d’olive, devant l’Italie, et la province andalouse assure à elle seule environ 45% de la production du pays.

Face au risque de voir la récolte profondément réduite cette année, le marché a déjà réagi: en seulement quelques semaines, les cours de l’huile d’olive vierge extra viennent de passer de 2,40 euros à 2,70 euros le kilo, selon la fédération espagnole des industriels producteurs d’huile d’olive Infaoliva, contre une moyenne de 2,45 euros sur les dix dernières années.

Et cette tendance va se poursuivre si la pluie se fait encore attendre.

En Italie, le danger vient de la bactérie “Xylella fastidiosa”, qui s’attaque aux végétaux et les assèche. Elle a été repérée l’an dernier dans le sud du pays et s’en prend aux oliviers de la région des Pouilles.

“Il n’y a pas de remède, la seule solution c’est de brûler les arbres contaminés pour arrêter la diffusion rapide de cette bactérie”, se désole Raffaele Piano, un producteur agricole du centre des Pouilles. “Il y aura une hausse des prix de 30-40% parce qu?il y aura moins d’olives, et donc moins d’huile produite”, estime-t-il. “Mais la qualité ne sera pas affectée”.

En Espagne aussi, producteurs et analystes du secteur tablent sur une augmentation des prix de l'”or jaune” dans les mois à venir, même s’ils se gardent pour l’instant de la chiffrer.

“C’est une bonne nouvelle pour les producteurs” qui travaillaient ces derniers temps à perte, relève Thomas Mielke de l’institut spécialisé Oil World, basé en Allemagne. La forte production de la saison passée avait en effet entraîné une chute des prix.

– Une petite récolte attendue –

Ce qui est certain, c’est que le volume de fruits récoltés va dégringoler alors que la consommation ne cesse d’augmenter dans le monde. Elle a bondi de près de 60% en vingt ans, tirée par des pays comme la Chine, les Etats-Unis, l’Australie ou encore le Canada, selon le Conseil oléicole international.

Lors de la saison dernière, qui s’est étalée d’octobre à juin, la production espagnole a été de 1,77 million de tonnes, selon les chiffres du ministère de l’Agriculture à Madrid.

“La campagne de l’année dernière a été exceptionnelle”, de 40% supérieure à la moyenne des quatre dernières années, relève Cristobal Gallego, responsable du secteur au sein des coopératives agro-alimentaires d’Andalousie.

Mais l’exploit ne risque pas de se renouveler lors de la prochaine récolte. Elle devrait tourner “entre 800.000 et un million de tonnes”, prédit Enrique Delgado, secrétaire général d’Infaoliva. Cela correspondrait à “une campagne limitée mais suffisante pour approvisionner les marchés aussi bien intérieur qu’internationaux”.

Les prévisions d’Oil World sont similaires, avec un tonnage compris entre 900.000 et 1,1 million.

“On a souvent un recul de la production par arbre après une année de forte production” à cause du cycle de vie de l’olivier, indique à l’AFP Thomas Mielke, directeur de Oil World. A cela s’ajoute les conséquences de la sécheresse qui se traduiront par “une petite récolte”.

Cristobal Gallego se montre plus alarmiste. “Tout montre que la campagne de l’année prochaine devrait être très proche du niveau de celle d’il y a deux ans”, où seules 618.000 tonnes avaient été produites. Pour lui, l’irrigation des oliveraies ne permet pas de compenser l’absence de pluie.

Producteurs et observateurs attendent à présent de voir ce que réservera le ciel de septembre, avant la cueillette des fruits. Une pluie tardive permettrait de faire grossir les fruits existants, à défaut d’en faire pousser d’autres.