Retraites : de meilleures projections financières qu’en 2012

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égimes complémentaires (Photo : Philippe Huguen)

[15/12/2014 17:56:02] Paris (AFP) Les projections financières du système de retraites actualisées par le Conseil d’orientation des retraites (COR) sont meilleures qu’en 2012, les retraites de base s’en tirant mieux que les régimes complémentaires, selon un rapport consulté lundi par l’AFP et qui doit être rendu public mardi.

Le conseil d’orientation des retraites vient d’ajuster ses projections du système de retraites, en tenant en compte de la dégradation de la conjoncture économique et en intégrant les effets de la réforme Ayrault.

Résultat: “Même si les deux exercices ne sont pas directement comparables, le solde financier du système de retraite serait meilleur que celui projeté en 2012 dans chacun des scénarios (qui prennent en compte taux de natalité, inflation, taux de chômage, etc ndlr) d?environ 0,6 point de PIB en 2020 et 1 point de PIB à partir de 2030 ? et ce malgré des hypothèses économiques moins favorables à court terme”, constate le COR.

Cette amélioration résulterait notamment de la hausse des ressources, avec un taux de prélèvement global en 2020 passant d’environ 30% à 30,8%, et de “l’amélioration du rapport entre le nombre de cotisants et le nombre de retraités, sous l?effet de la poursuite de l?allongement de la durée requise pour une retraite à taux plein”, calcule le COR.

Après une mauvaise passe ces six dernières années due à l’arrivée à la retraite des baby-boomers et à la crise économique, le système de retraite pourrait, en cas de croissance suffisante des salaires, revenir à l’équilibre après 2025, voire dégager des excédents importants dans les scénarios les plus optimistes.

Mais les besoins de financement perdureraient si la croissance des revenus d’activité restait inférieure à 1,5% par an à long terme.

A court terme, les régimes Agirc-Arrco ont le plus besoin de financement.

La hausse des dépenses est commune pour les retraites de base et les complémentaires, “sous l’effet notamment de la démographie”, tandis que la hausse des ressources est plus importante dans les régimes de base.

Pour ces derniers, entre 2013 et 2018, le besoin de financement se réduirait, un léger excédent apparaîtrait même en 2017, alors qu?il se creuserait sur la même période dans les régimes complémentaires, passant de ?2,1 à ?5,5 milliards d?euros, relève le COR.

Les partenaires sociaux, gestionnaires de l’Agirc-Arrco, doivent justement entamer des négociations en février 2015 en vue d’un accord d’ici l’été pour retrouver un équilibre financier pour les régimes complémentaires.

Quels que soient les scenarii, les projections montrent un recul de l’âge effectif moyen de départ à la retraite. De 61 ans en moyenne 2013, il recule progressivement pour dépasser les 64 ans à l’horizon 2040. Les actifs retardent leur retraite sous l’effet combiné de l’allongement de durée de cotisation, du recul de l’âge légal et de carrières interrompues ou commencées tardivement.

Dans l’un des scenarii du COR, le retour à l’équilibre, atteint vers la fin des années 2020 et jusqu’en 2060, passerait par une hausse de l’âge effectif moyen de départ à la retraite d?environ 3 ans par rapport à aujourd?hui (pour atteindre 64,1 ans à partir de 2040 environ) combinée à une baisse de la pension moyenne par rapport au revenu d?activité moyen de 22 % entre 2013 et 2060, tandis que le taux de prélèvement global resterait aux alentours de 30 % de la masse des revenus d?activité bruts.

“Mais rien n?empêche, pour des raisons d?équité, de rechercher l?équilibre financier par une autre combinaison que celle qui résulte de cette évolution spontanée des trois paramètres à législation inchangée”, dit le COR.

Le rapport entre le nombre de cotisants et le nombre de retraités diminuera de 1,7 environ aujourd’hui à 1,4 à l’horizon 2050.