Retraites complémentaires : la Cour des comptes n’écarte aucune solution

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ésident de la Cour des comptes, Didier Migaud, le 17 septembre 2014 à Paris (Photo : Stephane de Sakutin)

[18/12/2014 12:53:06] Paris (AFP) “Rien ne doit être interdit” pour sauvegarder les retraites complémentaires, a estimé jeudi le président de la Cour des comptes, Didier Migaud, en présentant un rapport sur les régimes Agirc-Arrco.

“Tous les leviers doivent être étudiés, si délicats soient-ils”, et aucune piste ne peut être écartée, qu’il s’agisse du montant des pensions, du taux de cotisations, des conditions de liquidation (âge et durée de cotisation) ou des frais de gestion, a-t-il expliqué devant la presse, estimant que l’effort devrait relever de la “solidarité”.

Les choix reviendront aux partenaires sociaux gestionnaires de l’Agirc-Arrco, auxquels cotisent plus de 18 millions de personnes (12 millions de bénéficiaires).

M. Migaud évoque le “risque”que les pensions soient baissées “si des mesures de redressement ne sont pas prises”. Par ailleurs, “les contraintes qui pèsent sur le pouvoir d’achat limitent fortement les capacités d’action des partenaires sociaux”, estime-t-il.

En revanche, “refuser de différer l’âge” légal pour toucher sa pension “limiterait les marges de man?uvre des partenaires sociaux”, a poursuivi M. Migaud.

La Cour des comptes rappelle que les perspectives financières sont “alarmistes”, avec des soldes annuels qui pourraient rester durablement négatifs et atteindre jusqu’à -25 milliards en 2040. Si rien n’est fait, les réserves pourraient être épuisées dès 2018 pour le régimes couvrant les cadres (Agirc), à l’horizon 2022 pour l’Arrco (tous les salariés du privé) dans l’hypothèse d’une inflation basse.

Ce constat rejoint celui dressé en juin par les partenaires sociaux qui multiplient depuis les simulations, et, forts de cette “boîte à outils”, lanceront en février des négociations pour pérenniser l’équilibre du système.

La Cour des comptes présente “des mesures d’urgence”, s’appuyant sur deux exemples qui permettraient de repousser au-delà de 2035 l’épuisement des réserves.

Reculer de 1 an l’âge moyen de départ des affiliés Agirc-Arrco, augmenter dans le même temps les taux et la sous-indexation des pensions, permettrait de limiter la hausse des taux de cotisation à +0,9 point par rapport à 2013 et à 7% la perte de pouvoir d’achat.

Dans l’exemple 2, reculer de deux ans l’âge de départ, augmenter simultanément les cotisations et sous-indexation des pensions jusqu’en 2018, conduirait à une perte moins importante du pouvoir d’achat (5%), et de la hausse de cotisation (+0,6%) par rapport au premier exemple.

La Cour relève en outre que les arbitrages, politiques, en matière de retraite se font au détriment des régimes complémentaires, et qu’il est “dommageable” que la responsabilité des partenaires sociaux ne soient pas mieux prise en compte.