La croissance économique en Tunisie devrait passer de 1,2 % en 2024 à 1,8 % en 2025 et à 2,2 % en 2026, grâce à la poursuite de l’assainissement budgétaire et à la reprise des exportations et des recettes touristiques, prévoit la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), dans son dernier rapport sur “les Perspectives économiques régionales”.

Elle estime, dans un communiqué publié jeudi, sur ce rapport, que le déficit budgétaire devrait atteindre 6,3 % du PIB en 2025, grâce à une meilleure mobilisation des recettes et à une baisse des subventions aux produits de base. “Un plan d’assainissement budgétaire à moyen terme vise un déficit de 5,5 % du PIB et une masse salariale de 13,3 % du PIB. La dette publique reste élevée, à 82,2 % du PIB, mais devrait chuter à 80,5 % en 2025, grâce aux efforts d’assainissement budgétaire”, note le rapport de la BERD qui mentionne qu’environ la moitié de la dette est extérieure alors qu’elle était de 70 % en 2019.

“La position extérieure de la Tunisie s’est améliorée mais reste vulnérable aux chocs majeurs”, a fait encore remarquer la BERD dans son rapport, qui passe en revue également les perspectives des économies de l’Egypte, de la Jordanie, du Maroc et du Liban.

Toujours en ce qui concerne la Tunisie, le déficit du compte courant s’est établi à 1,6 % du PIB de janvier à novembre 2024, en baisse par rapport à 2,3 % au cours de la même période l’année précédente. “Cela reflète une contraction des importations due à la baisse des prix des produits de base, et à une croissance des exportations tirée par les produits mécaniques, électriques et l’huile d’olive”, explique le rapport de l’institution, qui ajoute que les réserves de change sont restées stables à 25 milliards de dollars en novembre 2024, couvrant 3,7 mois d’importations.

Evoquant l’inflation, le rapport indique que celle-ci s’est établie en moyenne à 7,1 % entre janvier et novembre 2024, contre 9,5 % durant la même période en 2023, tandis que le chômage a légèrement augmenté, pour atteindre 16 % au deuxième trimestre 2024.

En ce qui concerne la région du sud et de l’est de la Méditerranée, la BERD prévoit dans sa rapport une accélération de la croissance pour atteindre 3,7 % en 2025, contre 2,5 % en 2024. La croissance moyenne devrait augmenter légèrement pour atteindre 4,1 % en 2026. Toutefois, l’incertitude sur les règles du commerce mondial pèse sur l’investissement et la production.

“La reprise s’est amorcée à la fin de l’année 2024, après une croissance essentiellement modérée due à une période prolongée d’instabilité régionale et à une forte contraction de la production au Liban à la suite de la guerre avec Israël”, indique la même source.

En dépit des perspectives positives pour les deux prochaines années, d’importants risques de détérioration subsistent, tels que la reprise des guerres, l’incertitude entourant l’aide étrangère et les politiques tarifaires, ainsi que les chocs liés au climat, estime encore la BERD, dans son analyse.